Durant un voyage à Madrid, Carmen se retrouve au milieu d’une foule à la Puerta del Sol et assiste à une scène des plus troublantes. Un groupe de femmes et d’hommes se débarrassent de leurs chapeaux en public, provoquant ainsi le scandale. Carmen s’évanouit et ne sait pas si elle a rêvé d’une autre époque ou si elle a bien assisté aux faits. Des images, des voix commencent alors à lui revenir de plus en plus distinctement. Des femmes espagnoles, artistes, penseuses, révolutionnaires et subversives (que l’on appelle Las Sinsombrero, les sans chapeaux) lui apparaissent successivement :
la peintre Maruja Mallo,
la poétesse Concha Mendez,
la philosophe Maria Zambrano,
l’écrivaine et femme de théâtre Maria Teresa Leon.
Carmen s’invite à son tour dans leur vie pour partager avec elles des moments intimes et emblématiques de leur histoire. Commence alors une traversée des époques depuis la dictature espagnole des années 20, à l’ouverture timide sur le monde durant la Seconde République de 1931, à la guerre fratricide de 1936, puis à la dictature franquiste, au travers les luttes de ces femmes pour leurs droits et pour la liberté. Carmen les accompagne dans leurs combats, leurs exils et leur effacement.
Las Sinsombrero ont conquis un espace qui semblait ne pas leur appartenir, osant défier une époque qui cherchait à les réduire au silence. Par leur art, elles ont fait de la création un acte de résistance, une force capable de traverser le temps. Femmes libres et indépendantes, elles ont revendiqué leur place dans l’histoire et ont tissé des liens indéfectibles. En suivant les pas de ces femmes longtemps effacées des récits officiels, le spectacle révèle nos racines et éclaire la naissance d’un féminisme libre et moderne, dont l’élan nous guide encore aujourd’hui.